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{ Role Play } Teranas

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teranas:
A plusieurs kilomètres de là, dans la forêt Pandorienne, Ale’yah leva la tête après avoir senti un pincement au cœur. Il était arrivé quelque chose à son amour, mais quoi ?
Elle fixa des yeux le corps d’avatar de celui qui partageait sa vie, la seule forme qu’elle connaisse de lui, bien qu’elle sache que ce n’est pas la vraie, mais celui-ci ne bougea pas, les traits parfaitement neutres, et les membres parfaitement ligotés.
Vingt minutes plus tard, le journal de bord de Mayuko signalait un appel. Il appuya sur la fenêtre clignotante pour ouvrir la communication et voir s’afficher le visage de Paul.

Paul : C’est bon, on le tiens. Comme je le redoutais, on a du employer la manière forte, mais là il se sauvera pas.
Mayuko : Tu comptes le garder combien de temps ?

Paul s’apprêtait à répondre quand l’écran de son journal de bord se mit à beaucoup bouger et des exclamations de surprise se firent entendre. Une grande main bleue ramassa ensuite le journal tombé par terre et une tête assortie lui fit face

Ale’yah: Qu’est ce que vous lui avez fait??
Paul : Ah, tu dois être sa compagne. Heureux de te rencontrer. Frédéric, ou Teranas si tu préfères, a abusé de son avatar, et son corps humain commençait à s’abîmer. On lui a donc interdit de l’utiliser jusqu’à ce qu’il aille mieux.
Ale’yah : Et c’est quoi la manière forte ?...demanda t’elle en abaissant les oreilles et montrant les crocs
Paul : Mmmmh, tu comprends bien notre langue. En fait, il était pas d’accord, alors on l’a obligé à dormir un peu, mais il se réveillera dans 3 heures environ.
Ale’yah : Et je pourrais lui parler ?
Paul : Non désolé, il faut qu’il commence avant tout a accepter ce qui lui arrive et ce qui doit être fait. Si il se comporte bien, vous pourrez vous parler à partir de demain. En attendant, ne t’en fais pas, je vais prendre soin de lui pour toi.
Ale’yah : Vous avez intérêt, ou vous pourrez dire adieu à vos deux valseuses.

Paul, Mayuko, Gwenn, Vince et les deux assistants labos firent des têtes absolument épiques qui méritaient chacune leur galerie.

Paul : Hummm…Oui…ne t’en fais pas, je vais m’occuper de lui, tout ira bien.
Ale’yah : Combien de temps ça va prendre ?
Paul : J’ai posé un strict minimum de 7 jours, le temps de le regonfler un peu et qu’on lui inculque les bonnes choses à faire. Si il se montre coopératif, je l’autoriserait à se reconnecter au 8ème jour, avec des horaires très précises à respecter et si il s’y tient, je le libère complètement au bout de la troisième semaine.
Ale’yah : Et si il s’y tient pas ?
Paul : Bah, ça prendra forcement plus longtemps. Tout dépend de lui.
Ale’yah : Je pourrai lui parler demain, c’est ça ?
Paul : Oui, je vous appellerais moi-même.
Ale’yah : Bien, à demain.

Elle rendit le journal à Mayuko et s’éloigna d’un pas décidé qui dissuadait quiconque de se mettre sur son chemin.


Paul : Bon, les gars, vous me détachez son avatar de ses liens, les alarmes de son caisson arrêtent pas d’afficher « probabilité d’agression physique sur l’avatar : 100% ». Il reviendra pas avant 7 jours, comme convenu, et je vous appellerais avant sa connexion.
Mayuko : Ouais, je te fais ça juste après.
Paul : Bon. Vous surveillez bien son avatar hein ?
Mayuko : Justement Paul, je pensais : Il risque d’être un peu trop encombrant, et on va sûrement bouger dans peu de temps, alors un grand truc comme ça, c’est pas la joie pour se balader dans cette jungle. En plus il faut qu’il se nourrisse, et il va rien pouvoir manger pendant une semaine. On devrait pas plutôt le rapatrier ?
Paul : Mmmmh, l’avatar est programmé pour que l’organisme tourne au ralentit quand le pilote n’y est pas, donc il peut tenir presque 2 semaines sans se nourrir ou boire, mais c’est effectivement mieux de l’avoir sous intraveineuse pour ça. Et puis sa compagne pourra être auprès de lui comme ça.
Mayuko : Ouais, ça vaut mieux. Donc tu nous envoie un hélico’ pour ramener tout ça ?
Paul : Je t’envoie ça tout de suite. Vous avez besoin qu’on vous fasse livrer quelque chose ?
Mayuko : Non, on a tout ce qu’il nous faut.
Paul : Bien. Quelque chose de particulier à me dire tant que je t’ai en ligne?
Mayuko : Non, rien.
Paul : Bon, alors à plus dans ce cas.
Mayuko : Salut.

La communication s’interrompit. Mayuko rangea son journal  de bord et raconta la communication à Vince qui venais d’arriver pendant que Gwenn expliquait aux Na’vis présent ce qu’il se passait. De son côté, Paul coupa la caméra et alla jusqu'à la salle d’éveil, où l’on plaçait habituellement les patients qui venaient d’être opérés en attendant qu’ils se remettent des anesthésiants. Le seul patient, mains ligotées aux barres entourant le lit, dormait comme une masse, tandis que les veines de ses deux coudes étaient perforées par des aiguilles injectant eau et nutriments liquides. Paul jeta un œil aux écrans alentours, montrant que le corps se reposait bien, que le rythme cardiaque était sable, et que la tension dans les veines s’améliorait puisque le corps recevait à nouveau de l’eau.
Il poussa un petit soupir de soulagement et sortit en fermant doucement la porte derrière lui.


Mes yeux mirent bien 1 à 2 heures pour s’ouvrir à peu près tous les deux en mêmes temps. En fait, je n’avais aucune idée du temps qui avait passé entre le moment où ma conscience me disait d’ouvrir les yeux et le moment où j’ai réussi. Mais alors que j’étais presque sur le point d’arriver à les garder tous deux ouverts en même temps, la porte s’ouvrit et Paul (enfin je crois mais la silhouette y ressemblait) entra, limite en me saluant de la main. Je voulu bouger et me rendit compte que mes mains étaient retenues par des sangles aux barres du lit. Paul posa aussitôt ses mains sur celles au pied de mon lit et commença à me parler.

Paul : Tu viens de dormir pendant 21 heures. Preuve que ton cops ne demandait que ça.
Je lui répondit, mis avec la tonalité de voix qui irait bien à un escargot asmathique agonisant.

Moi : T’es sûr que c’est pas ton produit qui m’a fait ça ?
Paul : Ma piqûre aurait du te faire dormir 4 heures maximum, mais ton corps en a profité pour se reprendre. Il a même été nourrit et hydraté pendant ce temps, alors on lui à offert de bonnes vacances.
Moi : Et comment t’as su que j’étais réveillé ? On me surveilles ?
Paul : En partie, c’est juste le scanner cérébral incorporé au lit qui m’a avertit que ton activité mentale remontait, signe de réveil.
Moi : *gros soupir* Et maintenant ? C’est quoi la suite ?
Paul : Ca, ça dépend de toi. Tu peux coopérer, faire en sorte que ça se passe bien et ce sera normalement fini en quelques semaines, ou faire l’inverse, et là ça prendra des mois voir plus.
Moi : Je vois. Et donc, on commence par quoi ?
Paul : On a déjà commencé. Tu te reposes, tu te nourris, tu te réhydrate. Quand ce sera bon, je te filerai un programme d‘exercices de remise en forme et un régime alimentaire adapté, ainsi que des heures de sieste obligatoires.
Moi : Et t’as pas peur que je veuille à nouveau me défiler , ou que je respecte pas ton programme ?
Paul : Oh non pas un instant. Il y a quelqu’un qui y veillera.
Moi : Ah ?

Paul se retourna et alla pour sortir, sans autre forme de politesse. Il ouvrit la porte et dit à quelqu’un dehors :


Paul : Tu peux entrer.

Paul revint vers moi, masquant à moitié, depuis où je me trouvais, la silhouette qui vint dans l’embrasure de la porte, se baissa pour y passer et se redressa de toute sa hauteur, qui fut simplement vertigineuse. Tandis que Paul défaisait mes liens, je vis par-dessus son épaule la géante m’adresser un sourire. Ce sourire dont j’étais si friand, celui qui me faisait fondre comme neige au soleil, et qui maintenant illuminait ma journée.


Moi : Ale’yah…
Ale’yah : Bonjour Teranas. Comment tu te sens ?
Moi : Beaucoup mieux maintenant que tu es là.

Elle élargi son sourire et je put voir dans ses yeux un amour et un réconfort insondable. Elle marcha jusqu’à côté de moi et s’accroupi à ma hauteur. Je voulu tendre ma main pour caresser son visage, mais le simple fait de la soulever était une épreuve insurmontable. Ale’yah pris alors mon poignet, avec une douceur qui ne seyait pas à une si grande main,  et l’amena sur sa joue, toujours aussi radieuse. Le contact de ma peau avec la sienne me fit frémir. J’avais l’impression de redécouvrir sa douceur, autant qu’elle découvrait la mienne, car elle me rencontrait pour la première fois tel que je suis.

Moi : Depuis quand es tu ici ?
Paul : Elle est arrivée hier, dans l’après midi. Après la piqûre,  on a fait rapatrier ton avatar ici, et il est lui aussi au repos. Et naturellement, elle a tenu à être du voyage.
Moi : J’ai dormi combien de temps tu dis ?
Paul : 21h. En gros, il est presque 7 heures du matin, le lendemain de la piqûre. Elle a passé la nuit sur le pas de porte, à t’attendre.

J’ouvris bêtement la bouche et leva un regard humide vers Ale’yah.


Moi : Tu as fait ça pour moi ? Hooo Ale’yah, si…si tu savais comme je t’aimes.
Ale’yah : Je ne veux pas le savoir. Je veux le découvrir moi-même jour après jour.

Elle pris ma main dans la sienne, la recouvrit de son autre main, puis s’abaissa pour m’embrasser délicatement le front. Je me sentais au paradis, je voulais tout simplement qu’elle soit là pour moi, et je ferais tout pour rester près d’elle, jusqu’au bout.
Cet instant n’appartenait qu’à nous, aussi Paul jugea t’il qu’il était temps pour lui de nous laisser seuls. Il s’éclipsa très discrètement jusqu’à la porte, qu’il ouvrit et referma doucement sur lui, et sur un couple qui s’échangeait des mots doux. Il clancha doucement la porte et se tourna vers les deux assistants qui veillaient en cas de nouvelle crise de refus du patient. Paul leur adressa un sourire et dit simplement :

Paul : Vous n’aurez plus besoin de le surveiller.
asistant 2 : Sûr ?
Paul : Certain.
assiss. 2 :Bon, bah on fait quoi alors ?
Paul : Vous retournez bosser comme avant, mais vous accèderez à chacune de leurs demandes si ils veulent de l’aide, que ce soit elle ou lui.

les deux assistants labos tournèrent simplement les talons et retournèrent à leurs affaires. Paul s’apprêtait lui aussi à partir. Il jeta un dernier regard sur la porte de la salle de réveil, sachant ce qu’il se passait là dedans, et sourit avant de partir en murmurant :

Paul : Tu le mérites, Teranas, tu le mérites…

teranas:
Le reste de la journée aurait put être assez long si ma tendre moitié ne me tenait pas compagnie. J’ai du passer la journée allongée dans le lit, branché a des appareils qui mesuraient en permanence si je me remettais bien. Paul passa plusieurs fois dans la journée, prenant à chaque fois connaissance des relevés qu’affichaient les machines en quelques coups d’œil. Ale’yah du sortir une paire de fois pour se ré oxygéner correctement les poumons, car l’air que je respire ne contient pas assez de CO2 pour les Na’vis. Elle pouvait néanmoins le respirer assez longtemps.
A midi, on nous apporta des repas. Moi, j’avais un plateau « spécial remise en forme » comme l’a dit l’aide soignante, tandis qu’on avait amené pour Ale’yah de la nourriture Na’vi, genre le truc qui fait un parfait croisement entre le sandwich thon-crudités et la barre de céréales, le tout enveloppé dans une feuille comestible. J’avais commencé à retrouver comme un minimum de force dans mes bras, ce qui me permettait déjà de me redresser et de me servir de mes couverts.
On continuait de discuter de tout et de rien en mangeant, puis Ale’yah fut curieuse de savoir ce que moi je mangeais. Je lui remplit ma cuillère de purée de pommes de terre (à tous les coups du synthétique lyophilisé déshydraté ou je ne sais quoi) et lui tendit. La cuillère, qui semblait soudainement bien ridicule, s’enfonça dans sa bouche. Elle la retira ensuite et mastiqua un instant en regardant le plafond, puis avala et fit une grimace.

Ale’yah : C’est amer…
Moi : Et oui, la plupart des humains ne vivent plus que de ça depuis bien longtemps.
Ale’yah : Et vous arrivez à vivre comme ça…Je sais pas si c’est parce que vous êtes resistants à la maltrutinion ou parce que ça vous plait vraiment.
Moi : On dit malnutrition, et je crois plutôt qu’on s’est tous résignés à ça. Et toi, je peux goûter ton truc ?
Ale’yah : Mais tu connais ça, on en mangeait souvent ensemble.
Moi : Ouais mais je veux voir si j’aurai le même goût avec mon vrai corps.

Ale’yah me sourit et me déchira un petit morceau qu’elle me tendit du bout des doigts. Je l’attrapa et me l’enfonça dans la bouche d’une traite. L’erreur…

Moi : herh he houhehais has he héhais auhi hur…
Ale’yah : Quoi ?

Je mâchonna péniblement et fini par réussir à avaler.


Moi : Je me souvenais pas que c’était aussi dur.
Ale’yah : Tu dois avoir la mâchoire beaucoup plus faible que celle de ton avatar, parce que ça a toujours été comme ça.
Moi : Y’a quoi la dedans déjà ?
Ale’yah C’est des bouts de Yérik cuit avec des céréales et un peu de fruits séchés.
Moi : Ca ne peut qu’être bon alors.

Nous finîmes nos repas respectifs en discutant toujours. Je vis, quelques minutes après, qu’elle commençait à être un peu vaseuse. Je lui dit alors qu’elle devrait aller prendre un bol d’air pandorien, ce qu’elle confirma.
A peine eut elle quitté la chambre que Paul repassa faire une inspection des machines. Mais au lieu de se contenter de relever les données et de me demander comment je me sentais, il pris une chaise, s’installa près du lit, et entama.

Paul : J’ai regardé le rapport historique de ton avatar. J’y ai vu un bug complètement inédit.
Moi : Faut une première à tout et je suis heureux de détenir ce nouveau record. C’était quoi ?

Paul sourit en coin une seconde et repris d’un ton légèrement plus enjoué :


Paul : Quand tu as du te déconnecter pour venir me voir, le rapport m’indique qu’il y a eu un « plantage » lors de ton premier essai. Apparemment, l’information n’est pas correctement parvenue jusqu’au caisson, qui n’a pas put l’interpréter comme il fallait.
Moi : Ah oui, je me souviens. J’avais pensé « déconnexion » et quand j’ai rouvert les yeux, j’étais toujours dans mon avatar. J’avais pensé que ça venait du fait que j’étais en colère, alors j’ai pensé « déconnexion » plus fort, et là ça a marché.
Paul : L’explication est très simple : Ton esprit voulait pas quitter ton avatar, alors quand la demande de déconnexion est parti, i l’a en parti « retenu » et la reconnaissance neuronale d’ordres du caisson ne l’a pas reçue clairement.
Moi : Encore une preuve que j’étais bel et bien addict.
Paul : As-tu déjà eu des addictions par le passé ? Tabac, alcool,drogues…
Moi : Non, rien de tout ça. Je déteste l’odeur du tabac le goût de l’alcool et je suis contre les drogues.
Paul : Vraiment pas d’addiction, ou quelquechose qui s’en rapproche ?

Je réfléchit quelques secondes, puis je m’apprêtais à dire non, avant de changer d’avis au dernier moment car je venais de me souvenir d’un truc.


Moi : Si…j’étais pas…totalement dépendant de ça, mais j’y passais beaucoup de temps.
Paul : Un jeu vidéo ?
Moi : Oui.
Paul : World of Warcraft 5 ?
Moi : Comment tu sais ?
Paul : Y’avait une chance sur deux que ce soit celui là.
Moi : C’est vrai, vu le succès de ce jeu.
Paul : Oui, c’est un très bon jeu.
Moi : Tu y jouais ?
Paul : Oui, dans ma jeunesse j’ai joué au 4, puis j’ai arrêté pour me mettre à bloc dans mes études. Mon père lui-même a travaillé à la création du 3.
Moi : Moi, dans la famille, du côté de mon père, on y a tous joué. C’est mon arrière arrière arrière etc…grand père, qui s’appelait aussi Frédéric, qui a joué au premier volet, déjà un grand succès à cette époque, et ça s’est perpétué.
Paul : Et qui avait aussi fait beaucoup parler de lui pour ses addictions.
Moi : Pour moi, c’est une question de proportionnalité : Imaginons que 1% des joueurs d’un jeu en ligne doivent devenir dépendant de ce jeu, alors 1% de 12 millions fait forcement beaucoup plus que 1% de 500 000. De plus, comment reprocher au jeu d’être accrocheur, le jeu est crée pour qu’on y joue, pas pour qu’il fasse un bide.

Paul hochait la tête au fur et à mesure que je déballais mes arguments. Puis il finit par me dire :

Paul : Sais tu comment fonctionne la sensation du plaisir ?
Moi : Euh…non.
Paul : Le plaisir vient quand on fait une chose qui correspond à nos goûts. Une activité, un aliment, un son, tout dépend de la personne, mais la réaction est la même pour tous, puisqu’elle est chimique. Quand par exemple, tu joues a ton jeu vidéo favori, qui te plait tant que ça pour de nombreux critères qu’il réunit et qui te correspondent, ton cerveau libère une molécule appelée la « dopamine ».
La libération de cette molécule, en plus de provoquer par exemple la chair de poule ou l’euphorie, des symptômes du plaisir, va aussi endormir des parties du cerveau. Si tu es malade ou triste en jouant à ton jeu, la dopamine te fera moins ressentir douleur et tristesse, voir même complètement oublier. C’est une réaction du cerveau, qui permet cela dans le but que le corps qu’il dirige et surveille se sente mieux. Mais cela s‘accompagne forcement par une réaction de dépendance, plus ou moins forte selon l’individu.
Au début, pour les cas de forte dépendance, ça commence par l’envie d’y rejouer quand on se sens mal à nouveau, puis le cerveau, qui ne peux plus doser correctement la proportion « mal » et « plaisir » pour y remédier,  réclamera à y jouer à nouveau pour le moindre tout petit mal, puis aggravera les maux ou même les simulera pour donner à nouveau envie à l’hôte de prendre plaisir. Et à la fin, il réclame à y jouer tout le temps possible.
Moi : Alors ce serait le cerveau qui crée la dépendance ?
Paul : Le cerveau répond de façon logique à une réaction chimique, donc lui commence la dépendance, mais c’est surtout si l’hôte est réceptif ou non à cette demande. Certains sauront se modérer et se raisonner, d’autres non.
Moi : Je le savais. J’ai toujours dit que le souci du « nolife » ne vient pas du jeu, mais bien de la personne. Qu’elle a déjà un souci à la base, comme être mal dans sa peau ou dans sa vie, et le jeu devient une échappatoire à cette triste réalité.
Paul : En effet. Si on pourrait dire que le jeu est quasiment coupable car c’est lui qui déclanche la dépendance, la vraie raison de cette vulnérabilité mentale est bien antérieur. On ne le soupçonne pas vraiment, mais il y a autant de chimie que de psychologie dans ces cas là.

Un silence s’installa, Paul restant assis sur le lit, moi dedans à ballader mon regard sur les écrans, malgré que je comprenais rien à ce qu’elles disaient.


Moi : C’est ce qui m’est arrivé, n’est ce pas ?
Paul :Exactement.
Moi : Pourtant je ne me sentais pas si mal dans ma peau en arrivant.
Paul : Tu aimais vraiment vivre sur Terre ?
Moi: Non, pas vraiment.
Paul : Tu as aimé découvrir les capacités de ton avatar?
Moi : Bien sûr.
Paul : Tu aimes Ale’yah?
Moi : M’enfin, évidemment!
Paul : Alors toutes les conditions sont largement réunies pour pouvoir tomber en dépendance.
Moi : Pas faux.
Paul : Tiens, prends ça.

Paul sortit d’une de ses poches une boite emballée dans du papier multicolore, qu’il déposa devant moi, les yeux écarquillés de surprise.

Moi : Qu’est ce que c’est ?
Paul : Mon cadeau de mariage, pour toi et Ale’yah.

Je pris la boîte et l’examina, la soupesa, l’examina encore, pour tenter de trouver ce que c’était. L’envie me pris même de l’ouvrir de suite mais je préféra attendre ma moitié.


Moi : Merci Pau…

Paul avait déjà quitté la pièce comme un voleur. Je haussa les épaules et posa le cadeau sur ma table de chevet. Quelques minutes passèrent et Ale’yah fit à nouveau son apparition. A peine fut elle assise près de moi qu’elle remarqua aussitôt le paquet cadeau.

Ale’yah : C’est quoi ça?
Moi : Un cadeau de la part de Paul.
Ale’yah : Ah ouais? Super ! Je peux l’ouvrir ?
Moi : Mais je t’en prie.

Elle s’emparra vivement du paquet et le déchira minutieusement, tirant la langue tant elle s’appliquait. Elle révéla une boîte en plastique d’aspect banal qu’elle ouvrit. Elle regarda à l’intérieur puis vida le contenu dans sa main.

Ale’yah : Qu’est ce que c’est que ça ?
Moi : Fait voir.

Elle abaissa sa main à ma hauteur et je pus voir les deux oreillettes de laryngo dans sa main. 


Moi : Ah bah c’est des oreillettes de communicateur.
Ale’yah : C'est-à-dire ?
Moi : Bah ça nous permet de parler à distance. Mais normalement il y a un collier qui va avec pour parler, y’a rien d’autre dans la boîte ?
Ale’yah : Attends….non rien.
Moi : Bah mince soit il les a oubliées, soit c’est un nouveau modèle et y’en a plus besoin.
Ale’yah : Ca se met comment ?
Moi : Attends…baisse toi.

Elle mit sa tête à ma hauteur tandis que je plaçais l’objet dans son oreille, en essayant de pas l’enfoncer trop.


Ale’yah : Quand est ce que tu m’offres des boucles d’oreilles ?
Moi : Quand je serais assez doué de mes dix doigts pour t’en fabriquer.
Ale’yah : Pourtant le soir, quand on est seuls, tu es très doué avec tes mains.
Moi : Chuuuuut ! Pas ici voyons !
Ale’yah : Rooooh ça va on est tous seuls.
Moi : Voila je crois que ça tiens comme ça.
Ale’yah : Et comment ça marche?
Moi : Euuuuuuuuh….

Je regarda l’oreillette qui me restait dans la main et qui de toute façon ne tiendrais pas dans mon oreille, puisque prévue pour les avatars. Il n’y avait sur le petit engin qu’un seul et unique bouton.


Moi : Ben, le seul moyen de savoir, c’est de l’essayer. Va dehors, je vais essayer de te parler.
Ale’yah : Ok.

Ale’yah se leva avec un des écouteurs en main et quitta la pièce. Je colla l’autre engin à mon oreille et dit :

Moi : Ale’yah tu m’entends ?

Pas de réponse. J’appuya sur le bouton et répéta.

Moi : Ma chérie tu m’entends ?
Ale’yah :…loperie d’engin. Tu m’entends là?
Moi : Ouais je t’entends. En fait il suffit d’appuyer sur le bouton pour parler.
Ale’yah : Ok, je reviens.

La porte se rouvrit et ma femme refit son entrée.

Ale’yah : Mais à quoi ça nous servira vu qu’on sais se parler avec nos esprits ?
Moi : J’y pensais, mais en fait, si on se parle avec le don que Eywa  nous a fait, on pourra par exemple se dire des choses à distance et si les autres nous demandent comment on à pus se les échanger, ces communicateurs seront l’excuse parfaite.
Ale’yah : Pas bête, pour une fois.
Moi : Hey ho….

Le reste de l’après midi passa bien vite et une aide soignate vint apporter les repas du soir, que j’eu un peu plus de mal à finir.

Ale’yah : C’est pas bon ?
Moi : Comme d’hab’, si on peut apeller ça bon.
Ale’yah : C’est quoi alors ?
Moi : Je sais pas, j’ai plus d’appêtit.

Peu de temps après, Paul  fit une énième irruption dan la pièce. Ale’yah et moi commençâmes par le remercier pour son cadeau. Il écarta les remerciements par un geste de la main et me demanda si tout allait bien. Je lui parla alors du plateau que j’ai pas réussi à finir.


Paul : C’est bon signe. Souvent, chez les personnes qui ne mangent presque plus, l’organisme perd les dosages de l’appétit. Au cas où tu t’en souviendrais pas, tu es sous perfusion qui t’injectes toujours des nutriments. Donc si t’as pas réussi à finir ce repas là, c’est que ton estomac se sais rassasié. On va pouvoir débrancher ça et te laisser te nourrir à ton rythme. Tu avais faim avant de commencer le repas ?
Moi: Euh, pas vraiment.
Paul: C’est peut être aussi que tu as l’habitude de prendre tes repas plus tard. Bon, on verra ça demain. Ale’yah ?
Ale’yah : Oui?
Paul : Je vais te demander de le laisser, il doit faire une longue nuit calme.
Ale’yah : D’accord.
Paul : Je vous laisse vous dire bonne nuit, mais tardez pas trop.

Aussitôt dit, Paul s’éclipsa sans autre forme de politesse, nous laissant tous les deux.

Moi : Bon, bah passe une bonne nuit avec tes collègues.
Ale’yah : Et toi avec tes machines.
Moi : A choisir je te préfèrerais toi.

Ale’yah se pencha a ma hauteur pour que je l’embrasse. Je posa mes mains sur ses joues pour bien prendre son visage et me redressa pour lui embrasser le front. Mais aussitôt fait, elle me pris ma tête entre ses mains et m’embrassa férocement sur les lèvres. J’écarquilla les yeux, surpris, mais la douceur vint vite se faire plus importante et je lui rendit le baiser. Ca devait faire bizarre, un humain et une Na’vi qui s’embrassent ainsi, mais je m’en foutais totalement. Nos lèvres se quittèrent après quelques secondes et je la regarda avec un air encore à moitié abruti.

Moi : Tu…tu as toujours aussi bon goût. Ca ne change pas malgré ce corps.
Ale’yah : Toi, t’as meilleur goût dans ton avatar, mais tant que je sais que c’est toi…
Moi : Je me demande à quoi tu ressemblerais si tu avais un corps humain.
Ale’yah : Je serais certainement belle non ?
Moi : Oui, sans l’ombre d’un doute. Mais les Na’vis sont tous maigres, alors en humaine, je t’imagines direct anorexique.
Ale’yah :Anoquoi ?
Moi : Anorexique. C’est quelqu’un de très très très maigre, qui ne veut même plus manger en pensant qu’elle serait plus belles avec la peau sur les os.
Ale’yah : Ah non, je serais pas comme ça.
Moi : En plus t’as déjà pas beaucoup de seins comme ça alors plus maigre…

Un silence meurtrier passa au dessus de ma tête alors que je me pouffais de rire, Ale’yah avec un sourire entre «Ton agonie sera longue et douloureuse» et «Rooooooh petit coquin». Les deux en même temps probablement.


Moi : Désolé, c’est sortie tout seul.
Ale’yah : T’en fais pas je retiens.
Mo : Oui, je te fais confiance pour ça.
Ale’yah : On en reparlera demain, d’accord ?
Moi : Oui, bonne nuit mon ange.
Ale’yah : Dors bien mon chérie. Dépêche toi de reprendre ton avatar qu’on puisse en faire ton vrai corps.
Moi : Oui, même si l’un comme l’autre risquent d’être un peu longs.
Ale’yah : Non mon coeur, les Na’vis t’ont déjà accepté parmi eux, ils n’attendent plus que toi. 

Le temps que je percute ce que signifiaient ces mots, Ale’yah m’avait glissé un dernier sourire et avait refermé la porte sur elle. Je voulu l’appeler mais me résigna, encore sous le choc de ce que je venais d’entendre. «Les Na’vis t’ont déjà accepté parmi eux, ils n’attendent plus que toi.». Cette phrase résonnait dans ma tête, encore et encore. Un infirmier entra pour débrancher la perfusion à bouffe prédigérée, mais je ne prêta même pas attention à lui. Il me demanda quand même si je me sentais bien vu mon regard complètement ahuri.

Moi : Oui, je vais bien….très bien…

Il haussa les épaules et s’en alla sans rien ajouter. Moi, je me contenta de prendre le drap pour le ramener jusqu’en haut de mon cou et m’enfonça bien dans mon lit, tout heureux. J’aurai préféré que ce soit Ale’yah, mais ce fut Morphée qui m’étreint bien vite et m’emmena avec elle au pays du sommeil.

teranas:
Je me réveilla le lendemain en pleine forme, aux alentours de 10 heures. Paul entra quelques minutes après mon réveil, suivi d’Ale’yah, qui me salua avec le salut rituel des Na’vis, auquel je répondis. Paul m’exposa alors les projets qu’il avait pour moi.

Paul  : Tu vas tout d’abord manger un morceau, puis tu te mettras debout, et tu iras prendre un peu la lumière du jour. Tu va marcher dehors toute la journée, en hésitant pas bien évidemment à te reposer dès que tu veux, le tout est que tu bouges.
Moi  : Ok, pas de souci. Ce sera tout ?
Paul  : Ce sera déjà beaucoup.
Moi  : Je verrais, si c’est tout ce que j’ai à faire.

Paul sortit une montre digitale d’une de ses poches, la posa sur un support tactile ressemblant à mon journal de bord et les posa sur mon lit.

Paul  : Tu porteras cet appareil à ton poignet toute la journée, il relève fréquence cardiaque, tension, fait podomètre, et calcule les calories brûlés. Tu entreras ces données toutes les demi heures sur cette tablette, que tu me rendras à la fin de la journée. Ale’yah t’accompagneras bien évidemment tout ce temps, elle pourra la porter pour toi.
Moi  : Mais c’est tout fin…
Ale’yah  : T’as vu l’épaisseur de tes bras mon chéri ?
Moi  : Bon ok. Donc je commence maintenant ?
Paul  : Non, tu vas d’abord manger, seulement ensuite tu te lèveras. Et tu reviendras ici pour 12h30, pour ton déjeuner, à 16h30 pour un en-cas, et à 19 tu revient te mettre dans le lit si t’as réussi à tenir toute la journée, sinon tu reviens avant si tu sens que t’es trop fatigué. C’est tout pour aujourd’hui. Je te revois ce soir, et pas de bêtises hein ? Je vous laisse j’ai d’autres gens à voir.
Moi  : A ce soi…

Il s’était excusé et était parti tellement vite que j’eu même pas le temps de le saluer. Ale’yah me regarda elle aussi d’un air surpris.

Moi : Et ben, lui quand il doit partir, il pars.
Ale’yah  : Oui, enfin là pour le moment, y’a autre chose qui m’occupe l’esprit.
Moi  : Ah, et c’est quoi ?
Ale’yah : T’as dit quoi hier sur mes seins?

Une aide soignante sortit du frigo le repas réservé au pilote d’avatar gardé en salle d’éveil. Elle l’ouvrit minutieusement et arrangea bien le plateau, comme à son habitude quand elle allait distribuer des repas aux patients. Elle sortit de la salle à manger réservée aux dits patients et marcha tranquillement jusque dans la salle d’éveil. Elle s’abaissa un peu et appuya sur le bouton qui ouvrait la porte avec son coude, et franchi le seuil avec un air joyeux en s’apprêtant à dire « Bonjour, voilà votre repas. Bon appétit ! » mais c’est à ce moment qu’elle aperçu le pilote d’avatar dans le lit, aux prises avec une Na’vi qui lui pinçait fortement les joues et les tirait de chaque côté jusqu’à ce que ça cède, alors qu’il tentait de retirer les mains de la Na’vi, sans y arriver. L’aide soignante se figea, tout comme le pilote et sa femme, qui la regardèrent l’un comme une sauveuse, l’autre comme un cheveu sur la soupe. Elle ne dit rien, posa le plateau sur une table et sortit en essayant d’avoir l’air calme.

10 minutes de lutte intense plus tard, j’avais mon plateau devant moi, mais j’allais pas le manger de suite, j’avais encore un peu mal aux joues. Je finit quand même par attaquer ma tasse de lait que j’avais fortement sucré, car le sucre c’est de l’énergie bonne à brûler rapidement, mes espèces de barres de céréales, ça aussi des sucres rapides, et mon verre de jus de fruits.

Moi : Tu veux bien me passer la tablette ma chérie?
Ale’yah : Bien essayé, mais je te retiens toujours.
Moi : Aurais tu l’extrême amabilité, ma chère femme si bien proportionnée qu’Eywa à dû t’enfanter elle-même au milieu d’un essaim de graines de l’arbre sacré par une douce nuit de primtemps, de bien vouloir me donner la tablette je te prie ?
Ale’yah : Mieux. Je veux ça toute la journée. Tiens.

Elle me tendis la dite tablette que je prie délicatement en me demandant si elle allait pas réclamer une autre tirade pour la lâcher. Je l’alluma et tomba direct sur un tableur Excel 2138 version 7.0.2 bien rangé avec des lignes pour toutes les demi heures et des colonnes fréq.card., tension, podo et calories.

Moi  : Ca commence à 11 heures son tableau et il est…10h34. Donc j’ai 26 minutes pour me lever.
Ale’yah  : Tu as besoin d’aide ?
Moi : Non, c’est bon. Faut que j’y arrive seul.
Ale’yah : Et puis t’as le temps de toute façon il te faudra pas tout ce temps pour te lever ?
Moi  : Ben, j’espère que non. Je vais déjà, tranquillement, me mettre assis. Voilà…
Ale’yah  : Et maintenant ?
Moi  : Doucement ma belle, je vais attendre un peu, parce que même si c’est que pour se mettre assis, il ne faut jamais se redresser trop vite.
Ale’yah  : Pourquoi ?
Moi  : Ben, je sais pas…Je sais juste que ça donne des vertiges.
Ale’yah : Ah oui je crois que je vois ce que tu veux dire.
Moi  : Bon, bah allez, on y va.

Je m’appuya sur mes bras et avança doucement mon bassin. Mon pied gauche toucha délicatement le sol et je l’appuya doucement pour m’assurer que le sol allait pas encore tanguer sous mon poids. Mais il n’en fut rien alors mon second pied se posa également. Je tâtonna juste une seconde pour prendre mes bons appuis et me dressa. Je resta droit comme un I, tandis qu’Ale’yah me regardais avec une petite lueur d’inquiétude dans les yeux.


Ale’yah  : Tu te sens bien ?
Moi  : Bah écoute oui, pas de problème.
Ale’yah  : Et tu vas rester droit comme un bâton jusqu’à 11 heures ?
Moi  : Non, mais je vais pas…


Un bâton?

Moi : Oh §&#[email protected]! Krystal!!!
Ale’yah  : Quoi  Krystal ?
Moi  : Je viens de me souvenir que Krystal est toujours dans mon porte-dague !! On pourrait la trouver !
Ale’yah  : Non, ne t’en fais pas, avant qu’on m’emmène et qu’on embarque ton avatar, je l’ai discrètement retirée et donnée à Xelloss.
Moi : K-k-k-k-k-quoi? balbutiais-je en me rasseyant
Ale’yah  : Oui je sais que c’est risqué mais on a pas le choix, il est le seul à part nous à savoir.
Moi  : Raaaaah c’est pas vrai !
Ale’yah  : Ben si, tout ce qu’il y a de plus vrai.
Moi : Il faut que je l’apelle.
Ale’yah : Ton journal de bar est resté avec Mayuko.

Je me gratta pensivement la joue, me demandant que faire, si bien que je mis un moment avant de percuter ce qu’elle venait de dire.

Moi : T’as bien dit journal de bar?
Ale’yah : Quoi c’est pas ça?
Moi : Non c’est journal de bord. Et je pense que je peux peut être le contacter avec ça.

Je pris le tableur que Paul m’avait donné à compléter et trifouilla un peu pour voir si y’avait les contacts dedans.

Ale’yah : Oublie pas de le remplir à l’heure dite.
Moi : Ouais ouais, attends je crois que…ah non, il est pas en liste là dedans. Euuuuuuuuuh…est ce que je me souviens de sa fréquence…

Je tapa sur l’écran 140.92, et une fenêtre d’appel s’ouvrit, pour m’afficher ensuite [fréquence inconnue].

Moi Soit je me suis gourré de numéro, soit son journal existe plus.
Ale’yah : Y’a pas le numéro de Mayuko ou des autres dedans ?
Moi : J’y pensais. Voyons ça…
Ale’yah : C’est parce que t’y pensais que j’y ai pensais.
Moi : Mais arrêtes tu sais que je déteste ça!

Qu’elle se remettes à lire dans mon esprit me rapella, je sais pas pourquoi, cette étude qui disait qu’un homme pensais à un truc cochon toutes les 7 secondes environ…

Ale’yah : Ah ouais tant que ça?
Moi : ZUUUUUUUTEUUUUUH!!!!

Je finis par trouver le numéro de Mayuko. Y’avait aussi celui de Gwenn avant mais je sais pas pourquoi, j’étais plus familier avec Mayuk’. Je soupira en me demandant comment aborder ce sujet et posa le journal.

Moi : Tu lui as dit quoi à Xelloss quand tu lui a confié Krystal?
Ale’yah : Ben en fait...

Quelques dizaines d’heures plus tôt.

Vince et Ale’yah finissaient de ligoter un grand avatar qui se laissait autant faire qu’un pantin. Ale’yah semblait très anxieuse, ne comprenant pas ce qui se passait. Les liens solides d’artisanant Na’vi étaient bien serrées, comme si ils avaient peur que l’avatar se réveille. Un long blanc remplit de gêne passa puis Ale’yah se redressa en grognant et s’exclama, sans pour autant effrayer les enfants qui se tenaient à l’écart :

Ale’yah : Bon, et maintenant, on m’explique pourquoi on doit faire ça à mon homme?
Mayuko : Du calme, quelqu’un va t’expliquer dans peu de temps.
Ale’yah : Qui? Et dans combien de temps?
Mayuko : Bientôt. Et il est possible qu’on doive le ramener à la base.
Ale’yah :Pourquoi?!
Mayuko : Mawey, ma tsmuke , les réponses vont venir.

Ale’yah murmura un féroce juron Na’vi et fit quelques pas, son esprit tournant à plein régime. Elle regardait le corps de son amour couché au sol, les yeux fermés, comme endormi, mais ligoté comme une bête, allongé sur le ventre. Ses yeux se posèrent sur son porte dague. Elle remarqua aussitôt que celui était plus épais que la normale et se rapella soudain pourquoi.

Krystal!! Elle risque d’être découverte. Il faut la cacher. Mais où ? Si elle va à leur base, c’est trop risqué. Et si n’importe qui voit ce bâton, ils verront de suite que c’est pas de l’artisanat Na’vi. Je dois le récupérer.

Elle se pencha sur le corps immobile de son époux et défit son porte dague. Gwenn’ la remarqua et lui demanda :

Gwenn : Que fais tu Ale’yah?
Ale’yah : Je récupère son arme, je ne voudrais pas qu’elle soit égarée.

Il allait sûrement répondre mais se ravisa, sentant que ce serait inutile, et rejoignirent ses trois compères, qui semblaient attendre quelquechose, qui serait quelques minutes plus tard, le coup de fil de Paul leur annoncant qu’ils tenaient le pilote de ce corps étendu là. Avant même qu’un vrai dialogue soit engagée, elle bouscula sans trop forcer Mayuko et lui pris le journal des mains. Au Palulukan les amis et les bonnes manières, elle voulait savoir ce qu’il se passait. Après quelques explications précises et une menace d’émasculation pour le Doc’, elle rendit son journal de bord à Mayuko et s’éloigna du groupe d’un pas assez nerveux. Elle resta non loin, pour entendre le reste de la discussion, et apprit qu’un hélico’ viendrait prendre le corps d’avatar de son mari pour le ramener. D’une façon ou d’une autre, elle sera du voyage.
Elle savait maintenant à quoi s’en tenir. Ca ne lui plaisait pas le moins du monde, mais c’était arrivé, point. Elle jura encore une fois en serrant les poings, ce qui lui rapella qu’elle tenait quelquechose dans la main. Le porte dague de son mari, mais surtout,  un artéfact à l’intérieur qui contenait le dernier représentant d’une race extraterrestre, dont seuls quelques personnes avaient connaissance. Elle devait le cacher, mais où ? Elle ne peut le confier au groupe d’avatars, ils s’en rendraient compte de suite. Ni à des Na’vi, ce secret est bien trop lourd et dangeureux. Elle ne peut le garder avec elle, surtout si elle va aller à la base, car elle a entendu que le corps d’avatar de son amour y retournerait, et hors de question de ne pas l’accompagner. Qui alors ? A part eux deux, seul l’humaine Sonya avait vent de son existence. Elle avait juré de garder le secret, ça valait ce que ça valait, mais impossible de la lui confier également. Il ne restait que…
Ale’yah aperçu soudainement du coin de l’œil que quelque chose se trouvait au sol,  pas loin d’elle. Elle tourna la tête et se rendit compte que Xelloss était vautré au sol, comme mort.

Le p’tit Xelloss!!

Elle bondit par dessus quelques racines sur son chemin et se retrouva vite accroupie au dessus de l’enfant avatar, gisant comme un pantin sans ficelles au sol.

Ale’yah Bon, comment le réveiller? Hey !!HO !! Tu m’entends ??!!

Ale’yah releva la tête en se demandant si elle allait pas rameuter les autres, mais personne ne vint.

Bon, ça doit marcher avec tout le monde je suis sûre.

Ale’yah arma son bras droit, le tendant au maximum derrière elle et l’envoya en plein dans la tronche de Xelloss en décrivant un bel arc de cercle vertical. Le claquement fut très sec et alors que la tête du nabot semblait partie pour se dévisser, ses yeux s’ouvrirent en grand. Une fois que les cervicales eurent absorbé le choc, la tête violement giflée regarda, incrédule, le visage de femme au dessus du sien.

Ale’yah : De retour parmi nous?
Xelloss : Je me suis pris une comète dans la tronche, c’est ça?
Ale’yah : Presque. Allez secoue toi, j’ai quelquechose à te confier.
Xelloss : Minute papillon, faut que je compte mes dents.

Xellos se redressa, la tête encore en vrac, et se massa doucement la joue qui était si bien marquée qu’on aurait pu prendre les empreintes digitales dessus. Il passa un doigt dans sa bouche pour voir si le clavier était complet, puisse décida à accorder de l’attention à la grande native.

Xelloss : Alors, qu’est ce que tu veux me confier.
Ale’yah : Krystal.

Xellos ne répondit rien, fixant Ale’yah l’air ahuri. Puis il se rallongea lentement et écarta grand les bras, et ferma les yeux.

Ale’yah : Qu’est ce que tu fais?
Xelloss : C’est un mauvais rêve, je vais retourner où j’étais, tout ça n’est jamais arrivé.

Ale’yah se leva aussitôt et lui atrappa une cheville pour le soulever en l’air, la tête en bas et les bras dans tous les sens. Elle lui plaqua sa main sur la bouche pour éviter toute protestation, et surtout pour pas attirer l’attention.

Ale’yah : Tu te tais et tu m’écoutes.
Xelloss : Mphmmmphph.
Spoilerhttp://images2.wikia.nocookie.net/__cb20100522235437/southpark/fr/images/6/6f/KennyMcCormick.png Ale’yah : Ecoute, je sais que c’est dangeureux, mais on a pas le choix. On ne peut pas prendre le risque de l’emmener n’importe où. Il faut quelqu’un qui connaisse son existence pour la garder à l’abri.

Xelloss gardait les bras croisés, toujours pendue la tête en bas, et le regard mauvais. Ale’yah retira doucement sa main de sur sa bouche.

Xelloss  : MAIS T’ES COMPLETEMENT MALMPHPHPMMMPHPHMPHMMPH…
Ale’yah : Tais toi. On a pas le choix, et je baisserai pas ma main, tant que tu te décideras pas à parler tout bas.

Xelloss se décida à hocher de la tête et ne tenta pas de se débattre d’avantage . Ale’yah le reposa au sol ou il lui fit face et continua, à voix plus basse :

Xelloss : Je te dis que c’est de la folie. Je sais pas pourquoi, mais le Messager, il a envie d’en faire une descente de lit toute bleue de Krystal.
Ale’yah : Et on pourrait faire quoi d’autre? On peut pas la cacher n’importe où, sans surveillance, pas si d’autres ont une petite chance de tomber dessus. Personne ne doit la découvrir. Seuls ceux qui la connaissent déjà peuvent la surveiller.
Xelloss : Alors pourquoi tu le fais pas?
Ale’yah : Parce que Teranas a des ennuis avec son corps, on va le ramener à la base, et moi je vais rester à ses côtés. Et tu penses qu’emmener Ale’yah là bas serait une bonne idée ? Avec le risque de qu’elle soit découverte ?
Xelloss : Non ça l’est pas, mais me la laisser à moi, alors que l’autre cinglé veut la tuer, et je ne sais même pas pourquoi, ça l’est pas non plus.
Ale’yah : Le risque est bien trop grand, il vaut mieux essayer avec toi.

Un des avatars du groupe apella Ale’yah au loin. Elle retint une exclamation, puis remis de force le bâton dans les mains de Xelloss, se leva et s’en alla vers celui qui l’apellait. Xelloss resta sur place, ébahit, le bâton en main.

Xelloss : J’le crois pas...



De retour dans le present

Moi : Et c'est tout? T'es partie comme ça?
Ale'yah : Oui...J'avais pas le choix, il fallait que personne ne nous voit discuter, il ne fallait laisser aucun soupçon.

Je me gratta l'arrière du crâne en me pincant les lèvres, ça allait être coton cette histoire.

Moi : Bon, bah j'apelle et on verra bien, tu me laisses parler hein?
Ale'yah : Oui oui oui oui oui oui.

Je tentas donc une communication qui, à mon grand soulagement, abouti. Le visage familier de l’avatar de Mayuko apparut alors sur l’écran.

Mayuko  : Qui est à l’app- Tiens Teranas ! Ben ça alors, comment vas-tu ?
Moi  : Je vais bien merci.
Mayuko  : T’es en train de te désintoxiquer ?
Moi  : Et oui, premier jour.

Je vis que plusieurs personnes, dont Gwenn et Vince s’étaient approchés quand ils ont compris qui était en communication avec Mayuko. Je reçu quelques salutations et sourires amicaux que je leur rendit, avant de me rappeler ce pourquoi je les appelais.


Moi : Dis moi, est ce que Xelloss est dans les parages ? Je dois lui parler.
Mayuko  : Euh dans les parages sûrement, mais faut le trouver.

Mayuko demanda à ceux derrière lui si ils avaient vu la semi portion. Tous deux répondirent par la négative et s’écartèrent, sûrement pour aller le chercher. Le temps que la recherche donne quelquechose, Mayuko me demanda exactement comment allait se passer mon « traitement » . Quelques minutes après, Xelloss arriva derrière. Mayuko me salua, me souhaita bon courage, et laissa son journal au p’tit.

Moi  : Allô Xelloss ? Tu peux t'écarter, il faut qu'on parle sérieusement.
Xelloss : Moi aussi je suis heureux de te revoir, donne moi une minute.

L'écran me montrait la face de Xelloss qui manifestement s'écartait du groupe. On entendit Mayuko le hêler au loin, et Xelloss lui répondre qu'il s'écartait pas trop et reviendrait vite. Quelques pas à travers des feuillages, et il se posa sur une branche, regardant quand même aux alentours pour vérifier qu'il est seul.

Moi : Bon, je sais, c'est un peu une histoire de fou, mais on va essayer de s'en sortir. Tu as toujours ce qu'on t'as confié?
Xelloss : Ouiiiii, Xeloss a le préciiiiiieux....

Complètement barré ce type...

Moi : Bon, tu l'as mise en sécurité?
Xelloss : Sérieusement, tu crois qu'elle peut être en sécurité avec ce samouraï fou furieux qui peut prendre les manettes quand il veut? Je sais pas ce qu'elle a fait pour lui faire montrer les crocs comme ça, mais il lui en veut vraiment.
Moi : T'as vraiment aucune idée de ce qui à entrainé ça?
Xelloss : Que dalle, j'essaie de savoir mais c'est pas simple.
Moi : Et alors, il s'est pas remontré?
Xelloss : Non, et heureusement, sinon ça aurait été la fête à la renarde, et y'aurait pas eu que des feuilles à manger à midi.
Moi : Bon, qu'il continue de rester caché, ça nous arrange bien.
Xelloss : Mais ça m'étonnerai que ça continue, il reste jamais caché bien longtemps et venant de lui, même le fait qu'il soit pas là n' rien de rassurant.
Moi : Il faut trouver un endroit sûr pour elle, parce que ça m'inquiète encore plus que elle ne dise plus rien. T'as pas une idée?
Xelloss : T'es marrant toi, ta femme me fout ça dans els pattes et c'est à moi de devoir trouver une solution? Z'êtes gonflées à l'hélium.
Moi : Oui je sais, on a merdé, surtout moi, mais on peut plus revenir en arrière, il faut qu'on trouve une solution.

teranas:
Journal de bord Numéro 48
Entrée Numéro 008


**Reception Balise de Détresse**
**Urgence Numéro 00**
**Destinataire: Tous canaux**
**Auteur: Frédéric**

Bon bah voilà. Ainsi commence ma cure de désintoxication pour avoir abusé de mon caisson de lien. Je ne me rendais pas compte du mal qu'endurais mon vrai corps. Soit je le sentais pas, soit je refusais d'y faire attention. Toujours est il que Paul a tiré la sonette d'alarme et me préconise un traitement afin de m'en remettre car j'aurais pu m'esquinter gravement la santé. Donc voilà je...j'enregistre sur mon journal de bord, car lui aussi je l'avais mis à l'écart...Je vais commencer ma premiere journée sans avatar depuis...longtemps. Depuis que je suis arrivé je crois. Je dois...relever et noter chaque demi heure ma fréquence cardiaque, ma tension...pour vérifier que mon organisme se remet en route petit à petit. Je dois aller marcher dehors, faire un peu d'exercice. Bouger quoi.


Avec ma compagne Ale'yah qui est venue ici juste pour moi. J'ai de la chance de l'avoir.


Il faisait beau dehors, comme souvent en fait. Il y avais régulièrement de la pluie, mais dans une forêt tropicale, il pleut bien fort pendant une heure ou deux, puis plus rien pendant plusieurs jours. Alors que je pointais mon nez dehors avec le masque a oxygène sur le visage, l'ardent soleil qui éclairais cette lune me fit cligner des yeux quelques secondes avant que je m'habitue. Les grands jardins extérieurs qui servaient essentiellement de terrains d'évolution aux avatars, et depuis la révolte aux Na'vis, était bien entretenu, comme toujours. Beaucoup de gens y circulaient, discutant tous, se souriant, sa saluant. Ca ressemblait a une de ces publicités, qui vantent combien il fait bon vivre dans telle ou telle ville parce qu'ils y ont aménagé un cyber-parc sous dôme holographique. Mais tout ça était bien réel.
Ma compagne se tenais prêt de moi. Elle découvrais cet endroit pour la première fois. Elle balaya le paysage du rgard puis me regarda avec un grand sourire que je lui rendis.

Ale'yah : C'est beau ici.
Moi : Très. C'est ici qu'on fais nos premiers pas dans nos avatars.
Ale'yah : Et c'est aujourd'hui que tu y fais tes premiers pas sans?
Moi : Euuuuuh...non, j'y suis deja passé mais...avec un autre corps quand même,dis-je en me regardant.

Je portais mes vêtements de civil diront nous. Des fringues lambda, à ma taille en hauteur, mais plus en largeur. J'avais l'air de porter un pyjama. J'avais l'air d'un zombie qui porte un pyjama plutôt. Un pyjama et un masque a oxygène. Un duo de scientifiques passa non loin de nous. En me remarquant, et après que j'eu levé la tête pour les regarder, je vis bien a leurs visages qu'effectivement, je fesais un peu peur. Je leur sourit malgré tout, et ils continuèrent leur chemin.

Moi : Maintenant que je suis dans cet état, ça me parait presque irréalisable d'aller jusqu'au bout de ce parc.
Ale'yah :On est pas obligé d'y aller.
Moi : Non. Mais on va se ballader. Tranquillement.

Je me mis alors en route, à ma vitesse. Tout me paraissais démesuré. Le terrain de basket était à la proportion Na'vi. Le parc était immense, les huttes où dormaient certains avatars étaient grandes comme des maisons a 2 étages. Même Ale'yah, qui maintenant qu'elle était dehors pouvais se déplier de toute sa hauteur, me donnais le vertige. Après des années a me demander sur Terre si j'avais pas le vertige du haut de mon mètre 95, je comprenais maintenant ce que ressentaient les humains de taille inférieure a la moyenne face a moi. En y repenssant, j'avais probablement déjà eu cette pensée en arrivant sur Pandora. J'avais eu face à moi des Na'vis en étant dans mon corps humain. Mais depuis qu'on m'avait décroché de force du mon avatar, j'avais l'impression de vivre en humain pour la première fois.

Ale'yah : Tera'?
Moi : Oui?
Ale'yah : Tu vas bien? Tu as l'air pensif.
Moi : Tu dois te douter que je le suis. Tu ne t'es pas amusée à le lire cette fois?
Ale'yah : Tes pensées sont confuses.
Moi : Il y a de quoi.

Nous marchâmes côte à côte quelques minutes. A chaque pas que je faisais, j'avais l'impression de devoir marcher en équilibre sur des baguettes chinoises qui pouvaient se briser a tout moment. Je ne sentais pas de muscle se contracter sous l'effort. Merde, je suis vraiment allé trop loin...

Moi : Asseyons nous.
Ale'yah : Déjà fatigué?
Moi : J'ai les jambes qui tremblent. Ca...j'ai l'impression qu'elles vont se déchirer de l'intérieur.
Ale'yah : Vaut mieux s'asseoir alors.

Nous nous sommes alors installés sur de l'herbe qui bordais les chemins sillonant le parc. J'étendis mes jambes face à moi, les regardant presque avec un air de reproche. Ale'yah s'assis en tailleur à côté de moi.

Moi : Tu as pu faire conaissance avec quelques un de tes semblables ici?
Ale'yah : Oui, quand j'allais dehors pour respirer normalement, j'ai pu discuter avec quelques Na'vis, des humains, des avatars. Ils voyaient que j'étais nouvelle ici.
Moi : Des gens que tu conaissais déjà ou, que des nouvelles têtes?
Ale'yah : Non, personne ici. J'ai retrouvé des conaissances au kelutral Omatikaya,  que je conaissais avant la guerre, et qui ne sont pas morts durant celle ci.

Le silence s'installa rapidement. Evoquer la guerre avec les humains, malgré son dénouement et ce qui en suivi, restais un peu délicat. Je restais a regarder mes jambes maigrelettes, elle a me regarder les regarder, et elle finit par rompre le silence après quelques secondes.

Ale'yah : Les humains, ils ne sont pas tous mauvais, n'est ce pas?
Moi : Nous sommes plus de 17 milliards, il y en a des bons, des mauvais, des grands, des petits, des intelligents, des cons...il y en a de toutes les sortes possibles.
Ale'yah : Mais pourtant, si il n'y en a pas plus d'une sorte que d'une autre, ils sont tous unis pour faire du mal, non?
Moi : C'est vrai, mais, pas autant qu'on le crois. Il faut avoir vécu avec pour s'en rendre compte. J'ai connu des humains qui méprissaient cette race alors qu'ils en étaient, parce qu'ils ne voyaient que les mauvais représentants de cette espèce. Mais moi j'ai toujours dis que l'Homme est capable du meilleur comme du pire.
Ale'yah : Et pas la femme?
Moi : Si, mais quand je dis l'Homme, ça veux dire, l'espece humaine en générale. Hommes et femmes, vieux et jeunes, noirs et blancs...
Ale'yah : Mais c'est toujours le pire qui ressort?
Moi : Oui, c'est toujours plus facile de penser du mal et de faire du mal à quelqu'un, plutôt que l'inverse. C'est pas juste mais c'est comme ça. Je crois...qu'on a tous de la haine dans le coeur, mais qu'on ne sais pas comment s'en vider, alors on le fais sur les autres. Mais ça date pas d'hier.
Ale'yah : Mais tu n'es pas comme ça toi. Ni beaucoup d'autres que j'ai vu. Pourquoi vous et pas tous les autres?
Moi J'ai été comme ça, je te le caches pas. Moi aussi, en étant jeune, j'ai souvent été con et méchant, gratuitement, sans vrai raison. Puis en grandissant, on gagne en maturité, et la, c'est soit on deviens quelqu'un que beaucoup vont méprier pour de bonnes raisons, soit on deviens quelqu'un que beaucoup vont mépriser, mais sans raison.
Ale'yah : C'est....c'est idiot...admit elle avec un peu d'incompréhension dans le regard.
Moi : Je te fais un topo un peu rapide, mais c'est à la fois beaucoup plus compliqué que ça, et à la fois aussi simple que ça. Il y a beaucoup de dictons et d'expressions qui résument très bien la mentalité des humains, qui ont été dis par des humains qui méprisaient les humains qui méprisaient les humains. L'un d'eux dit:”On vois toujours la paille qui est dans l'oeil du voisin, mais jamais la poutrelle qui est dans le nôtre”.
Ale'yah : Et ça veut dire quoi?
Moi : Qu'on remarque très vite les petits défauts des autres, et qu'on ne vois plus que ça, alors qu'on ne se rends pas comptes des énormes défauts qui sont les nôtres.
Ale'yah : Ah, je comprends, mais c'est vrai que c'est stupide un humain.

Bipbip bipbip bipbip bipbip

Moi : Ah, c'est l'heure de faire le rapport.

Je pris la tablette, mon bracelet, et rentra les données dans le tableur, puis enregistra, et referma le tout. Ma compagne restais presque figée près de moi, en pleine confusion.

Moi : Qu'est ce que c'est que cette tête?
Ale'yah : Comment on peux grandir au milieu de tellement d'humains qui préfèrent faire du mal aux autres que du bien?
Moi : Oh bah, des fois y'en a qui mériteraient de prendre des baffes. Avec une chaise. En métal. Mais comme je te l'ai dis, il y a autant de bons que de mauvais, mais la différence, c'est que les mauvais se font très bien remarquer, et que tu les retiens bien car ils ont parfois des comportements de salopards tellement abérants. Les gens bien, sont plus discrets, plus humbles, et des fois, tu te rends pas compte de ce qu'ils font pour toi. Ca demande un peu de maturité et d'intelligence pour arriver a mieux remarquer les bons que les mauvais.
Ale'yah : Et tu y arrives?
Moi : Maintenant oui. Mais ca n'a pas été facile tous les jours.
Ale'yah : Et le mal qu'ils font à votre terre, c'est aussi par méchanceté?
Moi : Non, c'est pas exactement pareil. Disons que...depuis que l'humain existe, et ça remonte a des milliers d'années, il a toujours cherché a s'améliorer, à s'élever au dessus de sa condition. Au début, les humains étaient comme les Na'vis. Ils vivaient dans un monde qui ne leur facilitais pas la vie. Ils étaient souvent bien faibles face aux dangers de leur planète. Alors, qund ils n'étaient pas assez forts, ils ont crée des outils, des armes. Quand ils avaient froid, ils ont dompté le feu. Quand ils étaient nombreux, ils ont appris la chasse pour se nourrir, la récolte, l'apprentissage d'animaux qu'ils ne mangeaient pas pour les aider a mieux en manger d'autres. Lh'umain est rapidement devenu l'espèce dominante de la planète, mais ça ne lui suffisais pas, il voulais prendre toujours plus, pour que la vie devienne toujours plus facile, pour combler chacune de ses envies. Et quand il ne pouvais plus prendre à la Terre, il prenais a d'autres humains, son envie à lui passant avant celle des autres, et ainsi commencèrent bien des cycles de haine, des boucles qui tournent encore aujour'dhui, des milliers d'années plus tard. Certaines mauvaises habitudes sont devenus de simples habitudes, des actes de pillages et de haine devenus normaux et excusables. Ainsi se sont installées bien des mauvaises habitudes chez l'humain, et elles demeurent encore.
Ale'yah : Pourquoi les humains sont si mal partis, et pas nous?
Moi Je ne sais pas mon coeur, admis-je après quelques secondes. Je ne sais pas.

Un nouveau silence passa, puis je proposa de me relever, et de nous remettre en route. Je me dressa sur mes baguettes, qui commençaient apparement à se faire à l'idée qu'elles n'allaient plus rester 24/24h allongées sur un matelas en gel-mousse. Nous marchâmes à travers quelques récoltes de diverses plantes et légumes Pandoriens. Ale'yah me fesait réviser les noms Na'vi, tandis que moi je lui apprenais les noms scientifiques, la spécificité de la dite plante, son usage...Elle ne voulais pas l'admettre mais elle mettais autant de mauvaise foie a apprendre ce que je lui enseignais que moi avec ses cours à elle. Lorsque je devais faire une pause pour reposer mes muscles ou remplir un rapport, les discussions sur les différences entre humains et Na'vis repartaient de plus belle. Ale'yah semblais apprendre plein de nouvelles choses avec ce que je lui racontais. Mes points de vues ou façons de les expliquer semblaient être des concepts totalement inédits pour elle.

Ale'yah : Tera'....Pourquoi tu es venu ici? Pourquoi vous êtes tous venus ici, après qu'on ai renvoyé tous les soldats et mineurs sur Terre?

Assis sur un banc un peu petit pour elle et juste bien pour moi, j'étais perdu dans mes pensées suite à sa question, qui à bien y réfléchir, n'étais pas étonnante. Après quelques secondes de cogitation, je répondis, sur un ton presque coupable:

Moi : Je crois...qu'aucun de nous ne veux repartir. Pas en sachant ce qui nous attends.
Ale'yah : Vous fuyez votre planète? Votre peuple?
Moi : Oui...J'en suis presque sûr. Nous avons aussi du travail ici.  Nous devons réparer les erreurs de nos frères et soeurs. Même si la planète cicatrisera toute seule. Nous avons aussi des choses à apprendre des plantes locales, et leurs particularités pourraient être utile sur Terre.
Ale'yah : Et quand vous aurez tout réparé? Quand vous aurez tout appris? Vous ferrez quoi?
Moi : Moi je resterais ici. Pour toi. Les autres...je pense qu'ils repartiront pour la Terre, et essaieront de la sauver.
Ale'yah : Tu n'as pas l'air convaincu.
Moi : Je ne le suis pas vraiment non. J'ai de l'espoir. Mais pas tant que ça.
Ale'yah : La Terre est si morte que ça? Plus rien ne peux la sauver?
Moi : Si. L'homme peut la sauver. Si il y met tous ses efforts. Il a toujours trouvé une solution à ses problèmes quand il le voulais.
Ale'yah : Est ce qu'il le voudra?
Moi : Il à interêt. La solution ne viendra pas d'ailleurs. Pas d'une divinité, car je suis certain que sur la Terre, nous sommes seuls. Non, elle viendra de l'Homme, si elle viens un jour.
Ale'yah : Tu y crois toi?
Moi : …

Ce silence en disais suffisement.

Ale'yah : Tu n'as pas envie de retourner parmi les tiens.

Il était clair que ce n'était pas une question cette fois.

Moi : Pas particulièrement, je dois avouer. Ma place est censée être parmi eux. Mais...Tu me demandais tout à l'heure ce qu'on fesais ici. Je crois que nous avons fui. Ce monde, ce peuple qui étais nôtre, nous ne pouvions l'accepter tel qu'il est. Alors nous avons trouvé refuge ici. Et même si ce monde est hostile, nous nous confortons dans l'idée que nous le faisons pour une bonne cause. Mais quand cette cause sera terminée, nous ne repartirons pas, car nous sommes lâches. Je suis un lâche aussi...

Je regrettais déjà ce que je venais de dire, même si je n'en pensais pas moins. Je détourna le regard, pour ne pas montrer mon air coupable à ma bien aimée, mais je sentis son imensse main me saisir délicatement le visage et le tourner vers le sien. Elle m'adressa un sourire sincère, le même qu'on fait à un enfant qui a avoué une bêtise et qui s'en est excusé.

Ale'yah : Tu n'es pas un lâche. Tu es très brave. Tu es plein de bonté. Tu as juste un peu perdu tes repères.

D'une main experte, elle retira doucement le masque à oxygène qui me couvrais le visage. Quelque peu surpris et plein d'incompréhension sur l'instant, j'eu le reflèxe d'inspirer avant que le masque soit retiré. Je voulu le reprendre et le remettre, mais je lui fesais pleinement confiance. Elle garda le masque en main, se baissa, et posa ses lèvres sur les miennes. La différence de taille entre ses lèvres et les miennes étaient déconcertantes, mais cela restais très agréable. Je savoura ce baiser aussi longtemps que possible, avant que je ne sente la gêne du manque d'oxygène. Je me retira du baiser, la regardant dans ses gigantesques yeux jaunes. Sans mot dire, elle me sourit a nouveau et reposa le masque sur mon visage. Je tourna la valve et souffla bruyamment avant d'inspirer tout aussi fort. Un sourire niais se dessina sur mes lèvres, alors que je continuais de fixer ma tendre tout en rattachant les sangles.

Ale'yah : Ca va mieux?
Moi : Oui. Beaucoup mieux. Je...je sais où j'ai envie d'être. Je sais où est ma place.

Je me redressa, monta sur le banc, et m'installa confortablement sur les jambes de ma belle. Un enfant blanc sur les jambes d'une grande bleue. Je posa une main sur son ventre, puis mon oreille sur sa poitrine, entendant son grand coeur battre.

Avec toi.

teranas:
Plusieurs heures passèrent. L'heure du repas de midi sonna bien vite, et nous allâmes au bivouac des avatars planté au milieu du grand parc éxtérieur pour profiter une petite cantine improvisée sur place depuis quelques temps déjà, qui servais des repas aussi bien aux humains qu'aux Na'vis, afin que les premiers qui étaient ici n'aient pas a marcher jusqu'au bâtiment principal pour se restaurer, et que pour que les seconds puissent se restaurer avec des produits on ne peux plus locaux au grand air. Ale'yah et moi nous amusâmes a comparer nos aliments et nos façons de les manger. Elle avait les siens dans une grande feuille et mangeais avec ses doigts, moi j'avais plateau, assiette, couverts. Même si c'était principalement des aliments réhydratés, en conserve, ou que sais je, j'étais sûr de pouvoir les digérer correctement avec mon estomac d'humain.

Plusieurs personnes, humains, avatars et Na'vis vinrent nous parler. Apparement, le fait que nous soyons un couple n'était pas passé inaperçu, et tous nous félicitèrent, limite comme si on venais de se marrier. Bon, d'accord, le fait de s'accoupler entre Na'vis signifie être lié à jamais avec son ou sa partenaire. Il y eut aussi quelques blagues du genre: “Hey, si vous faites un 69, tu lui lèches les pieds non?” alimentés par le fait que j'étais pas dans mon avatar et fesait 2/3 de sa taille. J'en ris parce que j'étais de bonne humeur, et c'était amusant de devoir expliquer à Ale'yah, qui balança une peau de fruit a la tronche de celui qui avais balancé cette vanne.

Après une bonne rigolade dans la cantine, Ale'yah dit qu'elle avais le besoin de “vidanger” et dû s'éloigner un moment, après que je lui ai dis que je voulais aller voir Paul dans la base, en espérant qu'il soit pas dans la salle des caissons, sinon elle allais penser des choses, et lui aussi. Evidemment, ça ne manqua pas et c'est là que je le trouva, et apparement, c'était un peu la panique, il était dans une discussion plûtot vive avec quelqu'un à l'autre bout d'une communication. J'ouvris la porte de la salle pour tomber sur un:

Paul : Vous foutiez quoi dans un vieil avant poste?
Moi : Qui est dans un avant poste?
Paul : Toi?! T'es privé de jouet pour un moment, files! J'entends déjà ta dulciné qui te cherches
Communicateur : On viens de retrouver la besace de Xell'...sans Xell' et avec son sang dessus...
Moi : QUOI?!

Alors que ça commencais à être la panique dans la salle, j'eu le mauvais, très mauvais reflèxe d'aller vers mon caisson habituel, et de lancer la séquence de liaison. Ce fut à ce moment là qu'Ale'yah se pointa, visiblement pas contente de ce que je m'apprêtais à faire. Une paire de baffes et quelques explications plus tard, je parvins à lui expliquer ce qu'il se passais. Xelloss et son équipe pris au piège dans un avant poste en ruine qui s'est effondré sur eux, et seuls Xell' et une Na'vi sont introuvable, ensevelis, peut être morts. Malgré tout, elle refusa de me laisser retourner dans mon avatar. Il fut donc décidé qu'à la place, j'irais les aider dans un AMP, puisque je n'aurais pas à fournir trop d'efforts pour le bouger, et il serais bien plus efficace pour aller soulever les décombres.

Dans le hangar des véhicules, tandis que je ma battais pour rentrer dans un AMP qui avais le siège un peu trop haut pour moi, Paul me rejoignis au moment ou je terminais de me sangler. Je pensais qu'il allais me dire de laisser ma place, mais il en fut tout autre.

Paul : Tu te doutes bien que si je te laisse y aller toi, et non n'importe lequel de nos gars entrainés, c'est bien parce que Xelloss est ton ami et que tu seras intenable si tu y vas pas.
Moi : Tu me connais déjà si bien?
Paul : Cet AMP a beau faire en mieux chacun de tes mouvements, tu n'es pas en condition de le piloter plus de 5 voir 10 minutes au mieux.
Moi : Ce sera toujours mieux que rien.
Paul : On va faire encore mieux que ça.

Il porta la main dans une de ses poches et en sorti deux espèces de barres de céréales qu'il me tendit.

Moi : C'est quoi ça?
Paul : Des barres de nutriments hyper concentrés.
Moi : “Cyberboost Proenergy”. Rien que le nom, ça me fais transpirer.
Paul : Ils sont normalement conçus pour réalimenter les prothèses ybernétiques des soldats quand ils n'ont pas de chargeur sous la main, les boosters passant dans le flux sanguins et rechargent les prothèses via les liaisons nerveuses connectés aux senseurs de l'appareil.
Moi : Et c'est pour moi ou l'AMP? J'ai pas de prothèse moi.
Paul : C'est pour toi, même si c'est déstiné aux prothèses mécaniques, on a constaté que les nutriments regonflaient aussi les reserves d'énergie des organismes humains. Un seule barre et je te garanti le plus gros coup de fouet dans les miches de ta vie. Néanmoins, le corps ne peut pas assimiler correctement ces nutriments, alors si jamais tu en abuses, tu risques un empoisonnement du sang.
Moi : Super, c'est quoi les dosages?
Paul : Vu ta carrure, une demi barre quand tu arriveras sur les lieux et t'auras la pêche pour une bonne heure. Mais attends au moins 2 heures avant d'en consommer d'avantage. Si jamais tu es obligé d'en reprendre, mais vraiment si t'as pas le choix, fais toi vite une injection de pénicilline, y'en a dans la trousse derrière le siège. Ca empêchera l'empoisonnement, mais tu seras KO un bon bout de temps, alors fais très attention.
Moi : J'y ferais attention.
Paul : J'espère pour toi. J'ai pas envie que ta femme me tienne pour responsable.
Moi : Meuh non, elle est très douce quand tu sais y faire.

Je mis en route les moteurs de l'AMP tandis que Paul se reculait et me souhaitais bonne chance. Les turbines se mirent à rugir derrière l'armure. L'élévateur pour atteindre le cockpit se baissa, Paul et la technicienne me laissant place pour sortir. Je fis faire un pas en avant à l'AMP, et il obéis impeccablement. En fin de compte, piloter un AMP ou un avatar, c'ets presque pareil. On commande, il reproduis en mieux. M'enfin, c'est pas avec cette machine que j'allais faire des câlins à ma femme. Je profita de l'espace du couloir de circulation pour vérifier que les bras aussi réagissaient bien. Ils étaient correctement calibrés eux aussi, mais le poids des gants qui permettaient de reconnaitre les mouvements étaient tout de même sacrément lourds pour moi. Je me dirigea donc vers la sortie du hangar, direction le tarmac. Les grandes portes du SAS de sortie s'ouvrirent à mon approche accompagné d'une alarme. Je pénetra dedans, alors qu'elles se fermèrent derrière. Une autre alarme, un décompte, un avertissement, et les portes s'ouvrant sur l'atmosphère pandorien s'écartèrent. En avancant, je vérifia qu'au cas où, il y avais bien un masque à oxygène sur le côté droit du siège. Alors que j'avançais sur le tarmac, le communicateur du cockpit se mit à clignoter, puis afficha un portait de la technicienne.

Amélia : Hey grand dadet, tu me reçois?
Moi : 5 sur 5. Où est ce que je vais?
Amélia : A deux heures, il y a un hélico' qui t'attends, le pilote sais déjà où t'emmener. Il y en à un autre avec un second AMP qui t'accompagne, hors de question de te laisser y aller seul.
Moi : Ca me touche que vous teniez à moi, mais je suis déjà pris.
Amélia : L'AMP que tu pilotes coûte aussi cher qu'un bagnole d'Apple, donc t'en fais pas, c'est pas pour toi qu'on prends ces précautions.
Moi : Ca me touche quand même.
Amélia : T'es pas difficile. L'hélico' va se mettre en stationnaire au dessus de toi et larguer des sangles. Toi tu bouges plus, des gars vont t'accrocher. T'as pas le vertige?
Moi : ...
Amélia : Super, heureusement les sièges se remplacent facilement, mais le vomi dans la console, c'est moyen, alors fais de ton mieux.
Moi : Je devrais y arriver si je regarde pas.
Amélia : T'auras pas besoin, le pilote s'occupe de tout, une fois levé, tu passeras l'armure en veille, on te préviendras quand on approchera de la zone de sauvetage.

Aussitôt les sangles installées sur l'AMP, l'hélico' s'éleva et me souleva sans grand effort. Les balotements à l'intérieur me rendirent vite mal à l'aise. Je ferma les yeux, inspira longuement, et fit de mon mieux pour rester calme. Une petite inclinaison en avant me fit comprendre que l'hélico' s'élançait vers sa destination, et je pouvais distinguer le bruit de l'autre appareil qui transportait celui qui allais être mon coéquipier. Mon ou ma, j'en savais rien en fait. A peine quelques secondes après, une autre communication s'ouvris, affichant de nouveau Amélia.

Amélia : Tu me reçois toujours?
Moi : Toujours.
Amélia : Le canal s'est ouvert tout seul, donc t'as aps mis l'armure en veille.
Moi : Ca t'aurais fait de la peine de pas me ravoir.
Amélia : C'est ça, cause. On va te présenter ton coéquipier, ensuite on va vous faire un briefing.
Moi : Ok envoie.

L'interface à l'écran de l'AMP changea et un contact apparu dans la communication, réponant au nom de “Will”.

Amélia : Ok, on est tous là, alors William, voici Fred', alias Teranas, et Teranas, voici William, alias Will'.
Moi : Salut.
William : Enchanté. Je t'ai déjà vu il me semble. Tu serais pas le grand tout sec, épais comme une brosse à dents et qui traine avec une Na'vi?
Moi : C'est bien moi.
William : Un sacré phénomène toi. Bon moi, je préfère les humaines, avec un bon p'tit fessier bien f...
Amélia : Vous le dites si je vous dérange les mecs.
Moi : J'ai rien dis moi.
William : Non plus.
Amélia : Bon, écoutez bien, on va vous faire un topo sur ce qui vous attends. On va vous emmener a environ 40 minutes a l'est d'ici. Un groupe d'avatars et Na'vis est allé explorer un vieil avant poste qui possédais des installations plutot inhabituelles d'après ce qu'on a pu comprendre. La faune locale les a agressé de façon inhabituelle, et ils ont dû se cacher a l'intérieur. Mais dedans, ils ont eu des complications qu'on ne peut pas encore expliquer. Toujours est il que quelquechsoe a explosé, et viollement, détruisant la quasi totalité du site. Seuls un avatar et une Na'vi sont portés disparus, ils étaient dans la salle des commandes principales quand tout le batiment leur est tombé dessus.

Imaginant la scène, Xelloss avec la Na'vi se faisant recouvrir de tonnes de béton, je me crispa de colère et de peur pour eux. En serrant mon poing, je réactiva par erreur les commandes des bras, et l'armure toute entière se mit en branle. L'hélico au dessus de moi en fut un peu secoué, et du coup, je fut balloté comme une feuille au vent. Le pilote redressa rapidement tandis que ça gueulais déjà dans les canaux de conversation.

Amélia : Heyheyhey qu'est ce quis e passe?! Vous êtes attaqué?
Moi : Non c'est bon, calmez vous! C'est moi, j'ai...j'ai rippé, et réactivé l'AMP sans le vouloir, je retire les gants.
Amélia : T'es sûr que t'es en mesure d'aller là bas?
Moi : Totalement.
Amélia : Je peux te faire confiance?
Moi : Bien sûr.
William : Je le tiendrais a l'oeil.
Amélia : J'espère bien. Bon, maintenant, vous en savez autant que nous. J'espere que vous trouverez des réponses.
William : C'est tout ce que t'as pour nous?
Amélia : Non, ça c'était la partie “ce qu'il s'est passé et qu'on sais”. Maintenant, on entame la partie “ce qui va se passer”.
William : T'as toute mon attention.
Amélia : La ferme. Le site sur lequel vous serez largué va bientôt être sous le coup d'une tempête typiquement pandorienne.  Du gros vent, de la grosse pluie, des gros éclairs. Théoriquement, vous ne risquez rien tant que vous restez dans vos armures, et les animaux se terrent bien a l'abri le temps que ça passe.
William : Une ambiance de fin du monde.
Amélia : Ca risque de pas être la totale. Vous vous doutez comme nous que Na'vi ou humain, on a peu de chances de s'en sortir vivant dans pareille situation.

Ni William ni moi ne prîrent la peine de répondre.

Amélia : On vous envoie pour déblayer les décombres, enfin ce que vous pourrez, trouver si ils ont survécu ou non, et évacuer ce que vous parviendrez a trouver. Au passage, essayez de savoir ce qui a causé cette explosion et si il y a des risques a court ou moyen terme. Des questions?
Moi : Aucune.
William : Non plus.
Amélia : Bien, vous êtes a 35 minutes de l'arrivée, profitez en pour faire conaissance, je garde un oeil sur vous a distance et reste en ligne au cas où. Bonne chance.

Le contact Amélia disparue de mon interface de communication, me laissant seul avec William. Un instant de silence passa, suffisant pour me refaire prendre conscience du bruit des hélicos au dessus de moi, et du vide sous mes pieds. Je ravala ma salive en me disant que je n'avais pas a avoir peur, tout allait bien se passer. La voix de William me permit de me concentrer sur autre chose.

William : Ca fait combien de temps que t'es tombé ici?
Moi : Ca dois faire quelquechose comme, deux mois, un truc dans le genre, peut être plus. Et toi?
William : Ah t'es du dernier arrivage. Moi j'étais là avant que la RDA se fasse plier. Un mécano. Quand ils ont mis les voiles, on manquais de personnel pour remettre la base dans un état décent, donc en plus d'entretenir les machines, j'ai dû apprendre a m'en servir aussi.
Moi : Tu pilotes tous les types de machines?
William : Surtout les AMP et hélicos. On se sert que de ça.

J'ai continué de discuter avec William pendant tout le trajet, m'aidant à ne pas me sentir mal a causes des roulis de la machine en vol. La canopée s'étendais face à nous à perte de vue, jusqu'a ce que nous apercevions une colonne de fumée au loin. La conversation s'interrompi, comprenant que nous arrivions enfin. La fumée devint plus distincte, on pouvais voir qu'elle s'élevais d'une clairière qui trouais la forêt alentour. Et un plus loin, une immense masse de nuages noirs et gris menacant. Les pilotes d'hélico nous avertirent qu'ils allaient nous poser à la limite du site avant de s'en aller, la tempête étant dangereuse pour eux. Arrivés à la verticale de la clairière, les hélicos se mirent en vol stationnaire, l'un près de l'autre. Ils nous rapprochèrent du sol, toujours sanglés. William retira les siennes d'une main experte avant de décrocher les miennes. Une fois les pilotes assurés que nous étions ok, ils firent demi tour et s'en allèrent en nous souhaitant bonne chance. William et moi, dans nos armures, firent face au site que nous allions fouiller. Un immense amat de béton et de métal, effondré, entassé, en partie enflammé localement, au milieu d'un site de bonne taille entouré d'une espece de haie percée ici et là, le sol visiblement labouré par de grands animaux. Un peu à l'écart, l'un d'eux, mort, une immense plaie sur sa gorge se deversait au sol. Et encore plus loin, un mur de nuages avancait vers nous, accompagné de roulements de tonerre et d'éclairs. William posa sa main robotique sur mon épaule robotique.

William : Tu te sens prêt?
Moi : Pas vraiment. Allons y.

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